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Le magasin n'est pas mort: il se réinvente

Dans le contexte de-commerce, les magasins physiques font leur révolution, se changent en lieu de vie, en point de retrait ou encore en entrepôt. Et reprennent ainsi toute leur place dans le parcours d'achat et la chaîne logistique.

Le e-commerce va-t-il tuer le magasin physique? Il y a quelques années, l'idée pouvait paraître crédible. La poussée d'Amazon, les délais de livraison toujours plus courts... Tout semblait condamner à l'obsolescence de la vente au détail physique. Mais cette vision elle-même est devenue caduque. A l'heure d'Internet, le magasin ne meurt pas: il se réinvente. Non seulement en devenant de plus en plus connecté: produits tagués en radio-identification (RFID), écrans tactiles, vendeurs équipés de tablettes, personnalisation des objets en magasin... Mais aussi en revalorisant son rôle dans une chaîne logistique adaptée au commerce omnicanal, où online et offline se confondent. La force du pure player Amazon était de ne pas avoir de magasins? C'est aussi son handicap! 

Le succès du "click-and-collect"

Première idée: faire du magasin un prolongement du web, où l'on vient tester, essayer, retirer, des produits repérés ou achetés en ligne. Ce principe du web-to-store est plébiscité par les clients. Selon une étude Mappy/BVA de 2016, 89% des consommateurs internautes se disent intéressés par le fait de pouvoir se renseigner en ligne avant de réaliser un achat dans un commerce physique. Et d'après une enquête Fevad/CSA de 2016, 36% des e-acheteurs ont déjà utilisé le click-and-collect, le retrait en boutique d'un produit acquis sur le web. Ces derniers ont aussi été 29% à faire d'autres achats lors de leur visite sur place: preuve que le click-and-collect n'est pas qu'un mode de livraison, mais aussi une façon d'attirer le client en magasin. 

Des magasins sans produits?

 
 

Après le web-to-store, vient la tendance inverse: le store-to-web. En terme logistique, un magasin a sa limite: plus on veut y proposer de produits différents, plus il faut les y stocker, et plus il faut d'espace. Alors, pourquoi ne pas réduire ce stock et installer des bornes de commande en ligne, pour ensuite livrer les clients à domicile depuis un entrepôt situé hors de la ville? On offre ainsi en boutique un choix étendu, sur une surface optimisée.  

En France, des enseignes comme Décathlon, Celio ou Sephora mènent des expériences en ce sens. Au fond, le magasin a-t-il encore besoin de contenir des produits? "Aux États-Unis, on voit apparaître des boutiques qui sont avant tout des lieux de vie, où l'on peut lire un livre, boire du café, assister à des cours ou des événements, raconte Édouard Moulle, président de Viapost Logistique Connectée. C'est une façon de redonner de la valeur au monde physique par rapport aux pure-players." 

Le magasin reprend l'avantage

 

Enfin, dans un modèle très différent, certaines chaînes choisissent de faire de leurs magasins des sortes d'entrepôts urbains, d'où des produits achetés en ligne sont livrés à délais très courts dans les environs. Ce concept du ship-from-store a par exemple été appliqué outre-Atlantique par des géants comme Best Buy ou Macy's - le premier revendique une hausse de 29% de son chiffre d'affaires e-commerce par ce biais. Le magasin reprend l'avantage sur le pure player par son atout premier: son occupation du territoire. Et le e-commerce ne détruit plus le magasin de proximité: au contraire, les deux se complètent. 

Informations

Rédacteur
Nicole GOUTFER
Conseillère entreprises et animatrice de la communauté JE

Date de publication
le 06/06/17 à 14:38

Source
Frédéric LE DUFF
(20/04/2017)
Frédéric LE DUFF


23 novembre 2017 - 15:34 - URL: http://www.cote-azur-ecobiz.fr/jcms/prd_875089/fr/le-magasin-n-est-pas-mort-il-se-reinvente

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